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Quand Pascal Meyer explore l'intérieur de son piano. Se partageant entre les répertoires classique et contemporain, c'est avec un programme de qualité que le pianiste luxembourgeois nous revient d'Amsterdam. Etrange et belle soirée que celle à laquelle nous avons assisté mercredi à l'auditorium de la Banque de Luxembourg. Pascal Meyer y a donné un concert étonnant, au cours duquel il a présenté un programme résolument contemporain. Il serait vain de
présenter encore le pianiste luxembourgeois exilé depuis
plusieurs années au Pays-Bas. Sa notoriété, à
l'instar de ses qualités pianistiques, va grandissant et c'est
avec plaisir que nous le retrouvons chaque fois plus mûr, plus sûr
de lui et plus épanoui dans l'exercice de son art. Ses aller et
retour, désormais réputés, entre les répertoires
classique et contemporain sont pour lui une manière toute
personnelle de garder l'équilibre. La soirée s'est déclinée en deux temps, autour des quatres compositeurs du vingtième siècle qui figuraient à l'alléchante affiche concoctée par le soliste lui-même. Grâce aux très appréciées entrée en matière et conclusions apportées par Claude Lenners, le public a pu juger de l'intérêt et de la difficulté du programme. Pour le premier volet, Pascal Meyer a interprété, avec une grande maîtrise technique, de courtes oeuvres d'Henri Dutilleux de Robert Nasveld et d'Olivier Messiaen (Petites Esquisses d'Oiseaux). |
Recital 02/04/03 "Noir&Blanc" Luxemburg |
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Très autocritique, Dutilleux a toujours pris grand soin de ne publier que des oeuvres qui correspondent à son idéal de composition. Ceci explique comment l'ensemble de son oeuvre pour piano tient sur un seul disque. Ses Préludes ont été l'occasion, pour Pascal Meyer, d'utiliser certaines techniques telles que celles des échos et des contraires. Les Three pieces de Nasveld ont été composées pour Pascal Meyer, qui les lui avait commandées pour octobre dernier, à l'occasion du célèbre Ijsbreker d'Amsterdam. A l'entracte, tandis
que le public échangeait des propos autour d'une coupe de vin blanc,
le pianiste s'attelait à la tâche: il bidouillait son piano,
de façon à le rendre compatible avec l'étrange partition,
truffée de symboles, qu'il allait nous présenter. En interprétant
magistralement le premier volume de Makrokosmos, sous-titré
12 Fantasy-Pieces after the Zodiac for Amplified Piano, du compositeur
George Crumb, Pascal Meyer a fait montre d'une grande intelligence de
l'oeuvre composée en 1972. Sa virtuosité l'autorise à
se laisser emporter dans l'infini tourbillon émotif de cette composition
inspirée à Crumb par deux grands cycles pour piano: les
24 préludes de Debussy et la musique de Béla Bartok, qui,
en son temps, a lui-même écrit un Mikrokosmos. Ceux qui n'ont pas
eu la chance d'assister au concert de mercredi se rassureront en apprenant
que Pascal Meyer donnera un récital à Hesperange le 24 mai,
ainsi qu'au Casino, le 19 juillet, pour le récital Liszt. |